Messages du diocèse de Limoges

Crise sanitaire du Covid-19

Fil d'actualité destiné aux paroissiens de Notre-Dame-de-Lorette, Saint-Martin-en-Basse-Marche et Saint-Pierre-Saint-Paul
 
 

Monseigneur Bozo s'adresse aux diocésains

8 mai 2020

 

En ce mois de mai, une issue au confinement imposé par la crise sanitaire du Covid 19 se fait jour, avec joie et inquiétude, selon les tempéraments, les âges, les santés… Il est temps de vous donner quelques perspectives, autant qu’il est possible de les dessiner.

1. Une perspective spirituelle 

La première perspective est plus spirituelle et liée à ce mois de mai, mois de Marie. Le Pape François a écrit une brève lettre1 à cette occasion en encourageant les catholiques à profiter du confinement pour « redécouvrir la beauté de prier le Rosaire à la maison » avec un « secret pour le faire : la simplicité ». L’enjeu est adapté à la situation : « contempler ensemble le visage du Christ avec le coeur de Marie, notre Mère, nous rendra encore plus unis comme famille spirituelle et nous aidera à surmonter cette épreuve ».

En pensant à ce mois de Marie et aux mystères du Rosaire, je réalise à quel point le coeur de Marie est un « lieu » privilégié pour affronter l’épreuve. Marie de l’Annonciation enseigne à accueillir les appels du Seigneur, aussi déconcertants soient-ils. Marie de la Nativité indique un chemin d’intériorité, elle qui « conservait avec soin toutes ces choses, les méditant en son coeur » (Lc 2, 19). Marie de la Visitation ou des noces de Cana nous montre la Mère du Sauveur décentrée d’elle-même, attentive à la vie des autres, à ceux qui sont dans le besoin, agissant et intercédant auprès de son Fils. Marie au pied de la Croix invite à tenir debout dans l’épreuve. Marie de l’Assomption ouvre à cette perspective finale vers laquelle, à travers les tribulations de l’histoire, nous marchons comme des pèlerins, aimantés par cette bienheureuse fin qui nous est promise.

Je relaie donc volontiers cet appel du Saint Père à prier le chapelet ou en tout cas à « prendre chez nous » Marie. J’en profite pour mentionner que j’ai reçu de plusieurs d’entre vous, des courriers me demandant, à l’instar de nombreux diocèses, de consacrer le nôtre au Coeur de Marie. J’ai répondu à ces sollicitations en précisant qu’un tel acte ne me semblerait fécond, que s’il n’était pas, sur la suggestion de quelques fidèles, une décision personnelle de l’évêque, qui consacrerait le diocèse à Marie comme une solution à nos problèmes, mais plutôt un acte mûri et porté ensemble parce que nous en aurions approfondi la portée. Je vous invite alors, comme Marie, à conserver cette perspective en vos coeurs, pour qu’elle y trouve un terreau fertile en vue de préparer ensemble un tel geste. 

2. Une perspective pastorale

Le 11 Mai marque le début du fameux « déconfinement », que nos gouvernants nous présentent avec force prudence, tant le risque d’une reprise de l’épidémie est présent. Je vous invite donc à rester vigilants à tout ce qui pourrait favoriser cette reprise. Notre foi n’est pas un vaccin contre le Covid. La charité à laquelle elle nous appelle oblige à l’exemplarité.

Ceci dit, ne boudons pas notre joie, profitons de toutes les possibilités que cette étape nous offre et ne ménageons pas nos efforts pour sortir d’une certaine léthargie où ce confinement a pu insensiblement nous installer.

Dès le 11 mai, les activités pastorales, finalement assez nombreuses, qui ne nécessitent pas de se retrouver à plus de dix, peuvent reprendre dans la mesure où les conditions permettront de respecter les consignes sanitaires envoyées aux responsables concernés. J’y encourage donc vivement ! Ainsi catéchèse, aumôneries et mouvements de jeunes, équipes et conseils, mouvements et services, préparation aux sacrements, visites aux malades, pourront reprendre sans écrans interposés… Heureusement, les activités caritatives ont pu continuer en partie leurs activités, parfois vitales, grâce aux exemptions dont elles bénéficiaient par rapport au régime commun et au magnifique dévouement de leurs bénévoles.

La maison diocésaine à Limoges s’est préparée également à ré-ouvrir ses portes pour pouvoir accueillir salariés, bénévoles et public selon les besoins. 

3. Une perspective cultuelle

Le Premier ministre a précisé que le déconfinement cultuel pourrait être mis en oeuvre à compter de la Pentecôte. Cela sera confirmé quelques jours avant, en fonction des résultats des quinze premiers jours de déconfinement.

D’ici-là, les églises peuvent être ouvertes et je vous invite à venir prier devant le Saint Sacrement, à organiser la prière commune sous toutes ses formes, en groupes ne dépassant pas dix personnes et en respectant les mesures barrières. Vous pouvez également solliciter les prêtres pour la célébration du sacrement de la réconciliation ou du sacrement des malades.

A compter de la Pentecôte (sauf contre-ordre), le culte public pourra donc reprendre, mais à des conditions assez contraignantes qui nécessiteront l’appui de nombreuses bonnes volontés (et une vraie dose de bonne volonté !). Les évêques ont proposé au gouvernement d’autoriser le remplissage au tiers de la capacité totale des églises, ce qui, dans l’attente d’une réponse des services de l’état, donne une perspective pour préparer le déconfinement. A la fin de ce communiqué figurent les conditions sanitaires liées à cette reprise du culte, élaborées avec une petite équipe ad hoc, que je remercie. Un protocole précis est envoyé aux curés pour préparer cette reprise des cultes.

Les personnes rendues plus vulnérables à cause de l’âge ou de la maladie sont invitées à la prudence et ne pourront peut-être pas participer à la messe. Ce sera l’occasion, avec le Service évangélique des malades, de soigner notre vigilance et de multiplier nos visites pour porter l’Eucharistie aux absents. Les paroisses auront besoin de renfort pour cela et vous donneront les moyens de remplir ce service. Je compte sur vous pour que personne ne soit privé du Pain de vie !

Après réflexion avec le conseil épiscopal, j’ai suggéré aux curés et aux différents responsables pastoraux concernés de reporter à l’automne les premières communions, professions de foi et confirmations des jeunes, pour ne pas les célébrer dans la précipitation, à des conditions compliquées et sans la préparation adéquate. Je mesure que ce peut-être un report douloureux pour certains, mais ce délai doit être accueilli comme une occasion d’approfondissement.

J’avais évoqué le 26 mars, dans un courrier aux catéchumènes, la célébration des sacrements de l’initiation en la Cathédrale, lors de la Vigile de Pentecôte le samedi 30 mai. Les conditions de faisabilité et l’incertitude sur la date de la reprise autorisée du culte rendent, hélas, impossible le maintien de ce rendez-vous. Pour ne pas retarder davantage la célébration de ces sacrements de l’initiation, préparée depuis plusieurs années, je propose que le baptême et la première communion des catéchumènes soient célébrés dans leurs paroisses respectives durant les mois de juin ou juillet. Je viendrai célébrer les confirmations des adultes (néophytes ou non) dans les différentes paroisses, au cours de l’année pastorale prochaine.

Les ordinations presbytérale d’Emmanuel Renault et diaconale de Marie-Debrice Tiomella, prévues le dimanche 28 juin, sont reportées au dimanche 13 septembre à 15h30 à la cathédrale.

4. Une perspective fraternelle

Le déconfinement va correspondre à une reprise progressive des activités. Je vous invite à demeurer le plus vigilant possibles à nos frères et soeurs fragilisés par cette épreuve, marqués par la solitude, la maladie, le deuil, ou la peur mais aussi peut-être par des difficultés matérielles et un certain dénuement, liés au chômage, à une faillite d’entreprise, à des difficultés familiales etc… En lien avec les différents organismes caritatifs présents dans le diocèse, engageons-nous plus résolument pour une fraternité évangélique, une attention renouvelée aux plus pauvres, dans la fidélité à Jésus-Christ. 

5. Des consignes sanitaires…

Notre défi est double : permettre la reprise des activités ecclésiales, qui ne sont pas des options secondaires dont nous pourrions nous passer sans mettre en cause ce qu’il y a de vital dans notre foi et prendre notre pleine part dans la lutte contre l’épidémie, en respectant la loi et en mesurant notre responsabilité vis-à-vis des autres. Cela implique précautions sanitaires et respect des règles mais aussi acceptation de la part de risque que comporte la vie sous peine de n’être plus… la vie.

Pour les réunions dans les lieux paroissiaux, la distribution de la communion aux malades, les rencontres de catéchèse ou d’aumônerie, des protocoles seront envoyés directement aux paroisses et aux acteurs concernés.

Pour la reprise des cultes, un protocole précis sera envoyé aux paroisses, pour préparer les églises à accueillir à nouveau pour le culte. Voici quelques consignes à destination de tous :

- Eu égard à la lourde mise en oeuvre pratique, la messe sera célébrée dans certaines églises seulement, tant que les consignes sanitaires seront maintenues. Merci d’accepter joyeusement cette contrainte si ce n’est pas votre église habituelle !

- Les personnes « à risque » (âge, maladie) sont invitées à discerner avec soin le bien-fondé de leur participation au culte.

- Le port d’un masque est fortement recommandé (non seulement pour soi, mais pour le bien des autres).

- Du gel hydroalcoolique sera disponible sur des tables à l’entrée. Pensez à vous laver les mains.

- Les églises seront disposées de manière à respecter les distances sanitaires préconisées entre les fidèles, soyez attentifs à éviter les regroupements à l’entrée et à la sortie de l’église, lors de la procession de communion. Respectez les marquages au sol et les indications pour l’utilisation des chaises ou bancs.

- La communion sera donnée dans la main. Vous êtes invités à présenter votre main gauche paume vers le ciel, bien plate, au ministre de la communion, pour qu’il puisse vous donner l’hostie consacrée sans vous toucher la main.

- La quête ne sera pas faite au moment de l’offertoire, des corbeilles de quête seront disposées à l’entrée de l’église. N’oubliez pas d’être généreux, c’est plus que jamais nécessaire ! 

Je vous souhaite donc un bon et fécond déconfinement ! Nous aurons la joie peu à peu de nous revoir « en vrai » et j’en rends grâces à Dieu. Nous pourrons aussi honorer ensemble, dans la prière commune, ceux qui nous ont quittés sans que nous puissions les accompagner suffisamment.

Cet épisode de la pandémie nous a surpris en plein carême. L’apogée de la crise sanitaire, chez nous, a correspondu avec la semaine sainte. Le déconfinement se vit durant le joyeux temps de Pâques et la reprise des cultes coïncidera avec la grande fête de Pentecôte, le don de l’Esprit qui fait sortir les apôtres de la chambre haute où ils étaient enfermés… La liturgie nous a donné de beaux appuis pour vivre cette épreuve et y recevoir la part de grâces nombreuses qu’elle comporte. Implorons ensemble l’Esprit Saint pour qu’il nous délivre de toute peur ! Et continuons de demander à saint Martial et aux saints limousins d’intercéder pour nous.

Avec l’assurance de ma prière pour vous et vos familles,

+ Pierre-Antoine Bozo

Évêque de Limoges

 

Pape François, Lettre à tous les fidèles pour le mois de Mai 2020, du 25 avril 2020

  

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La bénédiction des Rameaux en période de confinement

pour le diocèse de Limoges

  

Rappelons d’abord que si les rameaux bénis sont une belle tradition et qu’en avoir chez soi est le signe que nous désirons honorer la présence de Jésus dans nos maisons, on peut cependant être un bon chrétien sans avoir de rameaux. Ils ne sont la condition ni d’une vie chrétienne fidèle, ni de l’entrée dans la vie éternelle…

Pour cette période de confinement, voici à quoi nous en tenir concrètement :

1. Les personnes qui auront des rameaux en main et pourront suivre la messe retransmise en direct depuis la cathédrale (dimanche 11 h) ou une autre messe télévisée au cours de laquelle seront bénis des rameaux, pourront considérer qu’exceptionnellement la bénédiction donnée par le célébrant s’étend à leurs rameaux, même sans eau bénite. La bénédiction du Seigneur peut s’affranchir de l’espace.

2. Pour ceux qui n’ont pas de rameaux ou qui préféreraient, une fois le confinement terminé, lors du temps Pascal, le prêtre pourra bénir les rameaux apportés par les fidèles à la fin de la messe dominicale.

À Limoges, le 30 mars 2020

+ Pierre-Antoine Bozo, Évêque de Limoges

 

 

 

 

Conseils de l'Evêché pour participer à la messe à distance