Le billet du mois

 

Extrait des pages de la paroisse Notre-Dame-de-Lorette dans le journal Le Sillon d'avril 2020, rédigé avant la crise sanitaire

 

Petit bourgeon deviendra fruit … 

Au départ on les devinait à peine.  Ils n’étaient guère plus gros qu’une tête d’épingle. On les a vus petit à petit se gonfler d’importance comme des orgueilleux. Des bourgeons déjà ? En plein mois de janvier ? Il faut dire que le temps s’y prêtait bien : on se serait cru au mois de mars. Les jours suivants, un air plus froid a mis un coup de frein à leur ardeur et « remis les pendules à l’heure ». Allons, le moment n’est pas favorable ! Attendez encore un peu !

La nature est sage. Elle prend son temps. Il ne faut surtout pas la brusquer.

Ainsi en est-il des 4 Communautés Locales de notre paroisse. On en parle depuis la rentrée d’octobre. Il a fallu à la fois prendre conscience de l’urgence de leur création et ne pas se précipiter. S’asseoir et réfléchir. Comme celui qui bâtit une tour ou qui engage une bataille (Luc 14,28).

Pourquoi créer des Communautés Locales ? La pénurie de prêtres et les changements qu’elle implique dans une paroisse peuvent sembler dramatiques pour l’avenir et nous angoisser à juste titre. A moins qu’elle ne soit pour nous, laïcs baptisés, l’occasion de recentrer notre attention sur notre vraie mission : être missionnaire au milieu des hommes et des femmes de notre temps, ceux-là même qui partagent notre vie quotidienne sur notre territoire. Être la présence de l’Eglise du Christ, tout simplement, à l’image de cette église primitive décrite au 2ème siècle dans la lettre à Diognète : « Les chrétiens ne se distinguent des autres hommes ni par le pays, ni par le langage, ni par les coutumes… ils se conforment aux usages locaux pour les vêtements, la nourriture et le reste de l’existence, tout en manifestant les lois extraordinaires et vraiment paradoxales de leur manière de vivre… » Annoncer l’Evangile par notre façon de vivre avant de se précipiter sur les mots. Les Communautés Locales sont le « signe visible de l’Invisible » C’est tous ensemble que nous formons et donnons à voir le corps du Christ Ressuscité. Vivre de l’Evangile, montrer qu’il nous rend heureux et qu’il nous donne la vie en surabondance, est plus porteur pour nos contemporains que de nous entendre nous lamenter sur la chute du nombre de prêtres ou sur celle des participants aux messes dominicales.

Le printemps est là et il est promesse d’une belle récolte ! 

 

Françoise Durieux