Méditations pour le temps du Carême

Méditation pour le 5ème dimanche de Carême 2018 (Jean 12, 20-33)

Qu’elle est étrange cette réponse de Jésus à Philippe et André. Ils lui font part de la demande des grecs « Nous voudrions voir Jésus » et il leur répond « Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit ». Parole énigmatique qui a dû les laisser bien perplexes !

Bien sûr, ils connaissaient le principe des semailles et des moissons. Ils savaient que pour avoir de beaux épis, il faut prélever une part de la dernière récolte, renoncer à en consommer quelques mesures, l’enfouir dans le sol et … attendre. Attendre sans rien faire, sans fièvre et sans impatience…elles ne servent à rien. Attendre, veiller et guetter. Un beau champ se lèvera bientôt. Cent grains pour un. Les épis onduleront sous le vent. On pourra les froisser dans la main pour les sentir et les gouter. Même si on n’a pas faim, pour le plaisir.

Philippe et André savaient cela. Mais ils ne savaient pas encore - et comment auraient-ils pu imaginer une chose pareille ? - que Jésus était en train de leur révéler « La » Bonne Nouvelle, la parole la plus significative de tout l’Evangile, la Clé qui donne sens à notre vie, qui nous console de notre finitude et de celle de ceux que nous aimons : Quelques jours plus tard, il va mourir, d’une mort infamante. Il le sait. Son « âme est bouleversée ». Il a peur. Quand tout sera accompli, ses amis enfouiront son corps. Ils ne le verront plus. Ils le croiront mort à tout jamais. Grain de blé tombé en terre. Jusqu’à ce que…

Chut ! Attendons, sans fièvre ni impatience. Il nous faut d’abord vivre ensemble cette Semaine Sainte qui vient. Attendre, veiller et guetter. Passer la mort avec Lui, connaître le froid et la nuit du tombeau. Mourir à nous-même. Mais ne ratons pas le rendez-vous de la nuit de Pâques. Il faut que nous soyons tous là quand éclatera la Parole qui console, celle qui dilate le cœur et fait vivre : « Christ est ressuscité ».

Françoise Durieux

                                                                                                                                                                                                                                                                                        

Méditation pour le 4ème dimanche de Carême 2018

L’Espérance au Visage

On entend souvent nos contemporains désespérer : « L’Humanité va à sa perte, elle est entièrement pourrie, l’individualisme et la violence envahissent le monde… » Faut-il être si sombre ? Les Hébreux qui fuient l’esclavage de l’Egypte et marchent dans le désert gémissent, eux aussi, contre le Seigneur qui les a amenés là. Ils doivent endurer la chaleur, la soif et la médiocre manne. Et voilà maintenant qu’il leur faut marcher les yeux rivés au sol pour surveiller les serpents qui mordent leurs talons. Devant ce danger de mort, Moïse leur propose de lever les yeux sur un serpent de bronze fixé au bout d’un bâton. Curieuse démarche ! Chacun regardera ses propres fautes, symbolisées par le serpent, et les reconnaîtra. Et surtout, chacun lèvera les yeux vers le Ciel, vers Dieu, qui le sauvera des morsures.

C’est à lever les yeux vers le Christ, que saint Jean nous invite dans l’Evangile de ce jour. Et chacun sait que c’est sur un instrument de torture, une croix, que Jésus a été « élevé ». Jean nous invite-t-il à nous complaire dans le mal et la souffrance ? Non, bien sûr.  Il s’agit seulement de reconnaître que nous sommes souvent acteurs de ce mal. Mais s’arrêter à cette vision serait bien pessimiste. Regarder la Croix, c’est aussi contempler le Visage du Seigneur et discerner, par delà sa souffrance, une autre dimension.

En effet, un peu plus loin dans son Evangile, saint Jean nous donne sa vision de la mort de Jésus. Il écrit : «Puis inclinant la tête, il remit l’esprit. » En « inclinant la tête », Jésus pose son Regard bienveillant sur l’Humanité. En « remettant l’esprit », il lègue son Esprit d’Amour à tous les Hommes et les sauve de la désespérance. C’est vers ce Visage-là qu’il nous faut lever les yeux.

Dans nos églises de Saint-Barbant, Berneuil et La Croix, des artistes inconnus ont sculpté une crucifixion dans laquelle le Visage de Jésus a trouvé la Paix après la souffrance.  Celui de Saint-Barbant  esquisse même un sourire dans lequel nous pouvons puiser l’Espérance en attendant de contempler le Visage radieux du Christ au matin de Pâques.

Nicole Raynaud

 

Méditation pour le 3 ème dimanche de Carême 2018

En ce 3ème dimanche de Carême, nous sommes à mi-chemin de notre montée vers Pâques.

Dans la première lecture, Dieu donne à Moïse les dix commandements. Ces commandements découlent de l’affirmation première : « Je suis le Seigneur ton Dieu. »

Le Seigneur Dieu est sauveur, il chemine avec son peuple, il est unique.

Dans la 2ème lecture, Paul communique la découverte qui a bouleversé son existence. L’Esprit Saint lui révèle que la puissance de Dieu se déploie dans la faiblesse.

Aimer, c’est tout donner, c’est se donner.

L’Evangile nous rappelle un autre aspect de cette conversion qui nous est demandée. Cela se passe au Temple de Jérusalem. Jésus chasse les vendeurs ainsi que leurs brebis et leurs bœufs. Jésus ne veut pas que la Maison de son Père devienne une maison de trafic. Le Temple c’est d’abord le lieu de la présence de Dieu. Nos églises doivent être des lieux de prière et de rencontre avec Dieu. Mais c’est notre cœur qui est le temple véritable où Dieu veut habiter. 

Jésus entre dans nos vies comme il est entré au temple de Jérusalem. Il renverse tout ce à quoi nous donnons la  priorité. Il vient nous rappeler que Dieu doit être remis à la 1ère place dans notre cœur. Vivre le Carême, c’est nous ouvrir à cet amour qui est en Dieu et nous laisser transformer.

Marie Thérèse DAVID

 

Méditation pour le 2ème dimanche de Carême 2018 - Mc 9, 2-10

« Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le ! »        

Pierre, Jacques et Jean accompagnent Jésus sur une haute montagne. C’est un lieu symbolique, isolé et élevé, car le signe qu’ils vont recevoir vient d’en haut. Ils vont voir briller tout à coup, dans le corps connu de Jésus, la lumière resplendissante d’une vie inconnue qui vient d’ailleurs. Ce qui se déroule devant les trois disciples est du même ordre que ce qui s’est déroulé au mont Sinaï, où Dieu donna la loi à Moïse. D’ailleurs, Moïse se trouve là, avec Elie, près de Jésus transfiguré. C’est à ce monde invisible que Jésus appartient.

Devant ce phénomène divin qui lui échappe, Pierre essaie de prendre la main pour dresser des tentes. Cette réaction est vaine, car sur la terre une telle vision ne peut s’installer dans le temps. La transfiguration est une manifestation de la gloire de Jésus. Elle préfigure celle de la Résurrection, mais les disciples ne le savent pas encore, ignorant ce que veut dire « ressusciter d’entre les morts ».

Ce qui va mettre fin à cette vision étrange, c’est une parole, une parole qui vient rétablir l’ordre : Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le ! Cette parole nous fait passer de la vision à l’écoute. Car la vision est fugitive mais la parole n’est pas inscrite dans le temps, elle est intemporelle. C’est pourquoi la parole qu’entendent les disciples est supérieure à la vision de l’événement. Pour preuve, lorsque cette voix se fait entendre, les disciples ne voient plus que Jésus seul, celui qu’il faut écouter. Ecouter Jésus, c’est écouter Dieu lui-même car il est son Fils bien-aimé, qui surpasse les prophètes, Moïse, Elie.

La transfiguration est un appel adressé à chacune, à chacun. Transfigurer sa vision du monde pour voir la beauté de la création. Se transfigurer à l’écoute des autres, pour entendre la réalité de chaque personne. Nous sommes appelés à la transfiguration de nos vies, de nos sens, pour percevoir le vrai, le beau, l’invisible. C’est l’ordre de Jésus, le Christ, pour aujourd’hui.

Odile Rebeyrat

                                                                                                                                           

 

Méditation pour le 1er dimanche de Carême 2018 - Mc 1, 12-15 

Hier Noël, la naissance, puis le baptême de Jésus et déjà l’entrée en carême, ne perdons pas un instant pour nous mettre en route, 40 jours pour nous laisser guider et éclairer par la parole du Christ.

St Marc dans cet évangile ne nous décrit ni les diverses tentations de Satan, ni comment Jésus lui a résisté. Il vivait dans le désert en osmose avec les différents éléments de la création de Dieu, les anges et les bêtes sauvages, une harmonie avec la nature, telle l’Alliance entre Dieu et Noé présentée dans le livre de  la Genèse. Jésus avait besoin de se retrouver seul pour dialoguer et prier son Père, et pour affronter les épreuves et les ruses de Satan.

Et moi aujourd’hui suis-je prête à reconnaître et donc à éviter les embûches ?  Le démon n’a pas de visage, il est présent tout autour de moi.

J’ai 40 jours pour résister et lutter contre les tentations qui me guettent, cette vie qui semble si facile à la télévision ou sur internet. Résister à ce monde virtuel, complètement impersonnel où il n’y a plus de dialogue, seulement des « SMS » ou des « mails ».

Pour cela je ne suis pas seule, Jésus est à mes côtés, lui qui a dit « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie » Jn 14, 6.  Grace à l’écoute ou la lecture de la Parole du Christ, le jeûne, le sacrement de réconciliation et l’Eucharistie, les obstacles, les ronces, les épines qui jonchent ce chemin seront plus faciles à surmonter, à contourner. Je suivrai ainsi le chemin tracé par Jésus, un chemin difficile mais le but est d’atteindre la lumière de la nuit de Pâques. 

Ouvrons notre cœur, convertissons- nous, et ensemble en Eglise au son des cloches, nos cierges à la main, nous chanterons à pleine voix pendant la veillée Pascale « Gloire à Dieu au plus haut des Cieux ».

Marie-Jo Roulland