Méditations pour le temps du Carême

Méditation pour le 2ème dimanche de Carême 2019 - Luc 9, 28b-36    

Ce dimanche matin, nous prions encore avec Jésus, mais aujourd’hui il nous conduit sur la montagne, au-dessus du train-train quotidien, au-dessus des vicissitudes de notre monde. Loin de la foule qui le suit habituellement, seuls Pierre, Jean et Jacques l’accompagnent, quel honneur d’avoir été  choisis par le Christ. Dans l’intimité de ce haut lieu, les disciples assistent à la transfiguration de Jésus : « l’aspect de son visage devint autre, son vêtement devint d’une blancheur éblouissante ».

Deux autres personnes parlaient avec Lui, Moïse et Elie. Ensemble ils évoquaient la mort prochaine de Jésus. Les disciples avaient devant eux une évocation de l’ancien testament et de l’évangile, mais peut-être ne le savaient-ils pas encore. Malgré leur fatigue, leur conscience s’éveille à la lumière de cet événement. Jésus leur apparaît dans une clarté nouvelle, il est le Messie qui a été annoncé par les prophètes. Pour que cet instant de bonheur continue, se prolonge, pourquoi ne pas rester et dresser des tentes.

Et maintenant cette nuée, elle les enveloppe, et une voix se fait entendre: « celui-ci est mon fils, celui que j’ai choisi : écoutez-le ! ». Les disciples sont effrayés. Comment aurais-je réagi ? Je me serais tue, émerveillée, éblouie ! La voix se tait, la nuée disparaît,  ils sont là tous les quatre, il faut redescendre, retrouver l’ordinaire de leurs vies.

Contrairement aux disciples qui « gardèrent le silence », nous devons témoigner de notre Foi, certes avec nos pauvres mots, mais avec sincérité et avec des actes envers nos frères et sœurs. En ce temps de carême faisons nôtre cette parole du Père à son Fils : « Ecoutez-le ! ». Mettons nos pas dans ceux de Jésus, lui qui nous montre son visage et nous invite à la conversion. Peut-être aurons-nous un jour le bonheur d’entrer dans  la nuée, nous serons alors des « habitants des cieux ! »

                                                                                         Marie-Jo Roulland 

 

 

Méditation pour le 1er dimanche de Carême 2019 - Luc 4, 1-13

 

Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu

Jésus a connu la tentation ! J’allais dire : comme nous ! Après son baptême, avant de partir en mission, Jésus se retire pendant 40 jours dans le désert. Et là, il est confronté au diable, au tentateur ! Son identité de Fils de Dieu est mise à l’épreuve en trois tentations. Au bout d’un long jeûne, Jésus a faim et le diable lui parle. S’il change les pierres en pain, il aura l’abondance. S’il se prosterne devant l’idole qu’est le tentateur, il obtiendra le pouvoir sur tous les royaumes de la terre. Enfin, s’il se jette dans le vide, au sommet du Temple à Jérusalem, il gagnera le prestige car les anges le garderont.

Or, tout cela est du leurre, Jésus connaît les Ecritures. Il sait bien que Dieu seul (et pas seulement le pain) peut combler toutes les faims de l’homme. Il sait bien que Dieu seul (et non le diable) donne ce qui est bon pour l’homme. Il sait bien que Dieu seul est l’Amour absolu et qu’on doit lui faire entièrement confiance.  

Le diable et le Christ n’ont pas la même idée du Fils de Dieu. A la fin, le tentateur va se servir d’un verset du Psaume 90 pour semer le doute en Jésus en l’incitant à se jeter du haut du Temple en bas, le Très-Haut étant censé le protéger: Il donnera pour toi à ses anges l’ordre de te garder. Mais Jésus lui répond par un passage du Deutéronome : Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu. C’est sûr, le tentateur et Jésus n’ont pas la même lecture des Ecritures.

Vaincu, le diable fuit, voyant que Jésus n’est pas tombé dans le piège de la puissance, de la gloire.

Nous aussi, nous sommes tentés par le mal, souvent séducteur, et nous pouvons interpréter les Ecritures à notre avantage. Pour comprendre, nous sommes guidés par l’Esprit Saint de notre baptême, comme le fut Jésus au désert. Alors, pendant ces 40 jours qui précèdent la victoire de Pâques sur le mal, essayons nous aussi de vaincre les tentations de facilité, car nous pourrions tomber de haut !                                                                                                                                     

Odile Rebeyrat